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Liban - Liban-Sud

Des villages chrétiens de Marjeyoun reçoivent des SMS israéliens leur interdisant le retour de déplacés

Une directrice d'école, sa mère et deux travailleurs étrangers, tués à Nabatiyé el-Faouqa dans une frappe de drone ; l'armée israélienne indique avoir éliminé des « suspects » qui s'approchaient de la « zone de sécurité ».

Des villages chrétiens de Marjeyoun reçoivent des SMS israéliens leur interdisant le retour de déplacés

Un homme observe une frappe israélienne sur la région de Nabatiyé, au Liban-Sud, le 20 juin 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Pour la première fois depuis près d'une semaine, les frappes israéliennes de drone quotidiennes ont fait plusieurs morts au Liban-Sud ce lundi, tandis que les opérations de démolition israéliennes se sont poursuivies dans six localités occupées.

C'est dans ce contexte tendu que les présidents de conseils municipaux de villages chrétiens de la région de Marjeyoun disent avoir reçu dans l'après-midi des messages en provenance du côté israélien, les avertissant de ne pas autoriser le retour des habitants déplacés dans leurs localités, selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah.

Le président du Conseil municipal du village chrétien de Qlayaa, Hanna Daher, a indiqué à notre correspondant que ce message pourrait être lié au retour de certains déplacés au village de Jdeidet Marjeyoun, considérés comme originaires des localités voisines chiites de Debbine et Blat. Concernant Qlayaa, il a confirmé qu’il n’y a actuellement aucun déplacé dans la localité. Il a ajouté que ce type de messages maintient les habitants dans un état permanent d’anxiété et de tension. Par ailleurs, le président du Conseil municipal de Bourj el-Moulouk, Elie Sleiman, a déclaré à notre correspondant avoir reçu le même message sur son téléphone, confirmant également l’absence de déplacés dans le village. Il a précisé que la municipalité avait demandé aujourd’hui, via le « Mécanisme », l’autorisation du retour de seize familles chrétiennes dans la localité, une demande qui a été rejetée.

Sur le terrain, un drone israélien a mené deux frappes successives vers 12h30, dont l'une s'est abattue sur une voiture qui circulait à Nabatiyé el-Faouqa, faisant quatre morts selon le ministère libanais de la Santé. Les sources de notre correspondant dans le Sud ont donné des précisions sur l'identité de trois des personnes tuées dans la frappe : il s'agit d'Esperanza Fakhri Ghandour, directrice de l'école maternelle publique Salman Chamoun, à Nabatiyé el-Faouqa. Elle était accompagnée de sa mère et de son employée de maison. Selon le bilan du ministère de la Santé, le quatrième tué était un ouvrier étranger.

Réagissant à cette frappe, l’armée israélienne a indiqué de son côté avoir ciblé quatre individus « identifiés comme s’approchant de la « zone de sécurité » dans le quartier d’al-Aqida à Nabatiyé al-Faouqa, affirmant que ces personnes « représentaient une menace pour ses forces ». « À la suite de cette identification, l’armée de l’air a mené une frappe ciblée contre les suspects afin d’éliminer la menace », indique le communiqué de l’armée israélienne.

L’armée israélienne désigne par « zone de sécurité » des dizaines de villages qu’elle a occupés dans le sud du Liban ces derniers mois. Elle avait également affirmé avoir mené une frappe dans la même zone la veille contre ce qu’elle a décrit comme une « cellule de saboteurs affiliée au Hezbollah ».

« Attaque ignoble contraire à toute humanité »

L'association des enseignants du secteur officiel primaire au Liban a rendu hommage dans un communiqué à la directrice de l'école, saluant la mémoire d'une collègue « dévouée et généreuse », « attachée à sa patrie et à ses élèves » et dénonçant une attaque israélienne « ignoble et contraire à toute humanité ».

Outre cette nouvelle attaque mortelle, la première depuis mardi dernier, lorsqu'un jeune homme originaire de Touline (Bint Jbeil) avait été tué à Wadi el-Houjeir, une autre frappe israélienne de drone a visé dans l'après-midi Kfartebnit, également dans le caza de Nabatiyé. Aucune victime n'a été signalée.

Des tirs d’artillerie israéliens ont par ailleurs visé les villages de Kounine (caza de Bint Jbeil), Qabrikha, Qantara, ainsi que la zone de Wadi Slouki (Marjeyoun). Des véhicules israéliens ont en outre été observés aux abords du château de Beaufort, dans le caza de Nabatiyé.

Dans l'après-midi, plusieurs attaques israéliennes se sont concentrées sur la région de Bint Jbeil, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. Un drone a visé une maison à Baraachit, village qui a également été ciblé par des tirs d'artillerie. Des tirs de mitrailleuse ont visé Haddatha, où une force israélienne a avancé jusqu'à la périphérie du cimetière et ouvert à nouveau le feu. A Kounine, l'armée israélienne a fait exploser plusieurs bâtiments.

Dans son dernier bilan officiel, publié dimanche, le ministère de la Santé a indiqué qu'au moins 4 319 personnes ont été tuées et 12 203 autres ont été blessées au Liban par les bombardements israéliens depuis la reprise de la guerre le 2 mars.

En parallèle, l'armée israélienne a multiplié ses dynamitages dans les villages qu'elle continue d'occuper au sein de la « zone tampon » qui s'étend sur plus de 600 km² de territoire libanais. Les troupes occupantes ont ainsi fait sauter des bâtiments à Kounine, Haddatha, Aïtaroun et Bint Jbeil (dans le caza du même nom), ainsi qu'à Houla (Marjeyoun) et Kfartebnit (Nabatiyé). Une grenade assourdissante a par ailleurs été larguée par un drone à Mansouri (Tyr).

En outre, de nouvelles funérailles ont été organisées par le Hezbollah en l'honneur de 19 de ses combattants tués au combat à Kafra (Bint Jbeil).

Aoun dénonce l'occupation israélienne

Côté israélien, Benjamin Netanyahu a convoqué dimanche une réunion du cabinet de sécurité pour superviser les préparatifs au retrait à venir de l’armée israélienne de deux « zones pilotes » au Liban-Sud, comme convenu dans l’accord-cadre signé le 26 juin entre le Liban et Israël, rapporte le média israélien Ynet.

Selon ce média, Tel-Aviv attendrait que l’armée libanaise annonce de son côté « être prête à entrer dans ces zones » pour s’exécuter, ainsi que l’approbation du commandement central américain, qui doit jouer le rôle de coordinateur entre les deux parties. Ce retrait progressif des troupes israéliennes occupantes, pour lequel aucun calendrier n’a pour l’heure été fixé, doit être suivi d’un démantèlement des infrastructures du Hezbollah par l'armée libanaise dans les villages cédés.

De son côté, le président de la République Joseph Aoun a affirmé que le maintien de l'occupation israélienne « sape la légitimité de l’État » et « empêche le déploiement de l’armée » dans le sud du pays, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Il a également affirmé qu’il n’y avait « pas de place pour la guerre civile au Liban », et que son retour « n’est pas à l’ordre du jour malgré toutes les tentatives déployées par certains pour attiser la discorde ».

Sur le terrain, l'armée israélienne continue d'occuper une « zone tampon » de plus de 600 km² au Liban-Sud, qui s'étend jusqu'à dix kilomètres de profondeur dans le territoire.

Pour la première fois depuis près d'une semaine, les frappes israéliennes de drone quotidiennes ont fait plusieurs morts au Liban-Sud ce lundi, tandis que les opérations de démolition israéliennes se sont poursuivies dans six localités occupées.C'est dans ce contexte tendu que les présidents de conseils municipaux de villages chrétiens de la région de Marjeyoun disent avoir reçu dans l'après-midi des messages en provenance du côté israélien, les avertissant de ne pas autoriser le retour des habitants déplacés dans leurs localités, selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah.Le président du Conseil municipal du village chrétien de Qlayaa, Hanna Daher, a indiqué à notre correspondant que ce message pourrait être lié au retour de certains déplacés au village de Jdeidet Marjeyoun,...
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